Adulte Adulte, le Studio de Florent Faurie et de Daniel Ribeiro

Florent Faurie et Daniel Ribeiro se sont rencontrés sur les bancs de l’ECV Paris. Diplômés en 2011, ils ont créé le studio de design graphique Adulte Adulte, qui édite le magazine DYStopie récemment mis en avant sur le site d’Etapes. Entre création et édition, Adulte Adulte en quelques questions.

La création d’Adulte Adulte est-elle le fruit d’une certaine complémentarité artistique entre vous deux, anciens élèves de l’ECV ?

On peut dire ça. En travaillant sur des projets communs au cours de notre dernière année à l’ECV, nous avons pris conscience d’une évidente complémentarité entre nos approches créatives sans que nous partagions pour autant la même culture graphique. Nous avions déjà un pied dans le milieu professionnel car nous nous occupions de la direction artistique d’un magazine sportif en parallèle des cours. Après l’obtention de notre diplôme, nous avons tous deux quitté le magazine mais continuer à travailler en binôme allait de soi. Nous avons alors décidé de passer chacun en freelance mais de tout faire en commun sous le nom d’Adulte Adulte.

 

Direction graphique et programmation du Ciné-club de l’ECV Paris , 2011.
Direction graphique et programmation du Ciné-club de l’ECV Paris , 2011.

 

La culture éditoriale des 2 membres d’Adulte Adulte se retrouve dans tous leurs projets.
La culture éditoriale des 2 membres d’Adulte Adulte se retrouve dans tous leurs projets.
DA du carnet central du magazine Cosa Mentale dédié à l’architecte finlandais Alvar Aalto.
DA du carnet central du magazine Cosa Mentale dédié à l’architecte finlandais Alvar Aalto.

 

Quelle est la ligne éditoriale / identité de votre studio? Avec qui et comment travaillez-vous?

Dès le départ, nous avons eu à cœur d’exploiter au maximum la liberté que nous avions sur nos premiers projets pour les accompagner dans des esthétiques qu’ils n’appelaient pas forcément. Notre parti pris original était d’insuffler un esprit fanzine et assez “punk”  dans nos créations. C’était notre moyen de nous démarquer par une identité reconnaissable sans nous enfermer dans un cercle DIY déjà bien installé. Les contacts qui nous ont permis de commencer à travailler étaient liés à la mode ou à des magazines artistiques, des milieux réceptifs à notre démarche qui nous ont permis de nous amuser et d’expérimenter.

 

Pochette de disque pour le groupe parisien Donkey Punch, 2011.
Pochette de disque pour le groupe parisien Donkey Punch, 2011.

 

Site web pour le créateur belge Glenn Martens.
Site web pour le créateur belge Glenn Martens.

 

Site web du photographe CG Watkins (2014) qui a participé au magazine DYStopie n°3.
Site web du photographe CG Watkins (2014) qui a participé au magazine DYStopie n°3.

 

Pour ce qui est du partage des tâches, nous évoluons en fonction des projets, rien n’est défini. Chacun lance une ou plusieurs pistes et nous tombons finalement d’accord sur celle a développer. Après s’il fallait attribuer une spécificité à chacun, disons que l’un (Daniel) est plus “carré” et permet à nos projets d’être vraiment aboutis tandis que l’autre (Florent) s’occupe de trouver nos futurs collaborateurs sachant que nous n’avons pas d’agent. Mais tout le processus créatif se fait toujours a deux.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer DYStopie ? Pourquoi ce titre ? Comment choisissez-vous les trois artistes invités pour chaque numéro ? 

La forme actuelle de DYStopie reprend un système que nous avions commencé à expérimenter en cours d’édition quand nous étions encore étudiants. L’objet nous plaisait toujours après notre diplôme nous avons donc décidé de le faire exister. La volonté de développer notre réseau et de pouvoir démarcher des gens dont le travail nous tient a cœur nous a aussi grandement poussés à nous lancer.

 

 

Nous avons choisi ce titre en sachant que l’objet imprimé ne comporterait aucun texte. Il s’agissait donc de trouver un titre qui puisse suggérer une sorte d’interprétation narrative voire romancée des différentes œuvres présentées. Nous nous sommes finalement arrêtés sur ce mot, tant pour sa sonorité que par sa force d’évocation.

 

Photographie de Hubert Marot, qui est l’un des 3 contributeurs du DYStopie n°2.
Photographie de Hubert Marot, qui est l’un des 3 contributeurs du DYStopie n°2.

 

Les critères de sélection se font naturellement. Nous regardons beaucoup d’images de part notre activité et les gens qui participent à DYStopie sont pour nous représentatifs du paysage graphique qui nous influence. C’est agréable d’avoir un support qui nous donne la liberté de faire appel à des artistes avec qui nous avons des affinités sans avoir forcément de projet de collaboration à leur proposer. Chaque série est ainsi spécifiquement conçue pour l’occasion. Les artistes que nous sollicitons sont donc influencés par la forme imposée de la revue et son impression en noir et blanc. Ce choix du noir et blanc est à la base lié à une contrainte économique mais il s’est révélé pertinent en terme de direction artistique car il a permis de mettre sur le même plan des portfolios totalement différents en installant un dialogue intéressant entre eux.

 

Photographie de CG Watkins extraite du DYStopie n°3.
         Photographie de CG Watkins extraite du DYStopie n°3.

 

L’activité de votre studio et DYStopie sont-elles deux démarches complémentaires en tant que graphistes ? Que vous apporte DYStopie en plus ?

Ce sont deux activités intimement liées car DYStopie joue un rôle important dans l’autopromotion de notre studio. En tant que freelance, les rencontres sont primordiales et ce projet d’autoédition a été une bonne introduction lors de rencontres avec certains clients avec qui nous travaillons aujourd’hui. Nous avons de plus collaboré avec plusieurs de nos contributeurs sur des projets extérieurs à la revue.

 

Sur le site du magazine, vous reproduisez des photographies des pages du magazine. Pourquoi? Le médium papier a-t-il encore une importance prédominante pour vous, à l’heure du (presque) tout numérique?

L’objet est fondamental dans notre démarche. Tout est fait a la main et tiré à 30 exemplaires. C’est la marque de fabrique de notre édition qui se veut plus une pièce de collection qu’un magazine à proprement parler. La version internet n’a pas vraiment de sens mais a besoin d’exister car c’est le support le plus visité aujourd’hui. Avec Adulte Adulte nous avons toujours travaillé sur la conception de sites internet, c’est un support qui nous intéresse beaucoup et avec lequel nous commençons à nous amuser. Mais nous avons plus d’affinité avec l’objet papier qui tend à devenir un support de passionnés. Le livre ou le magazine imprimé ont quelque chose en plus au niveau sensitif, le poids, la qualité du papier, l’odeur, tous ces paramètres permettent une approche différente du contenu. Sans être fermés à l’évolution car internet possède d’autres avantages à exploiter, nous sommes juste attachés à l’édition physique en tant que graphistes. Avoir en main le produit d’un travail reste plus excitant que d’uploader ce même travail sur un serveur.

 

Couverture du magazine DYStopie n°3. Photo extraite du site Adulte Adulte.
Couverture du magazine DYStopie n°3. Photo extraite du site Adulte Adulte.

 

Quels sont vos projets futurs?

Nous continuons à travailler sur l’identité d’une marque de prêt-à-porter de luxe appelée Y/Project, quelques pochettes de disques et une intervention sur la maquette du prochain Novembre magazine. Ces derniers temps nous avons été approchés pour faire des illustrations ou des interventions graphiques sur des magazines ce qui était une de nos motivations originales étant de grands passionnés de ce type de support.

 

Visuel du site Y/Project. (Photo : CG WATKINS).
Visuel du site Y/Project. (Photo : CG WATKINS).

 

Découvrir le site du studio Adulte Adulte : adulte-adulte.fr

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Crédit photo page d’accueil : Artus de Lavilléon