Unicorn Paris à la Fashion Week

Diplômés de l’ECV Paris en juin 2013, Clément de Guitarre, Arthur Lapierre, Romain Bonnaud et Paulin Rogues ont formé le collectif Unicorn Paris durant leur année de M2 à l’ECV Paris. Nous les avons interrogés à la sortie d’un de leurs premiers projets, le teaser du défilé de Sonia Rykiel lors de la Fashion Week de septembre 2013 à Paris.

 

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Unicorn ?

Unicorn a été créé pendant notre cursus ECV. Nous étions tous les quatre en Mastère Publicité ainsi qu’en option «nouveaux médias» , ce qui nous a sensibilisé aux arts numériques. Cela nous a donné la volonté de croiser ces cultures, d’un côté la communication visuelle et de l’autre le numérique. Ça se ressentait dans nos travaux à l’école, où tous nos plans médias contenaient des concepts numériques sur n’importe quelle plateforme.

L’avantage du cursus à l’ECV, c’est qu’on peut se permettre énormément d’expérimentations. On a ainsi pu découvrir le mapping avec un des membres d’AntiVJ, le Vjing avec le directeur du festival Vision Sonic, le capteur Kinect avec un membre du Lab212 etc… Plein de rencontres enrichissantes qui nous ont donné envie d’aller encore plus loin. On s’est dit qu’on allait tenter l’aventure ensemble. S’installer à notre compte et bosser continuellement autour de ce thème global qu’est le numérique, pour approcher les marques avec des concepts nouveaux et étonnants. mage extraite du teaser pour Sonia Rykiel.

Vous venez de réaliser le teaser de Sonia Rykiel pour la Fashion Week, comment ce projet est-il né ? 

unicorn-sonia-rykiel-500x281

Sonia Rykiel cherchait à mettre en place un teaser pour leur dernier défilé à la Fashion Week. Ils étaient en quête d’idées et de concepts originaux. On est allé les voir, avec plusieurs concepts et univers graphiques différents. On leur a entre autre, présenté un projet réalisé avec des Scan 3D. C’est un truc qu’on trouve assez fascinant, cette possibilité de numériser des personnes avec le capteur Kinect pour ensuite les retravailler graphiquement. 

Là, c’était l’occasion d’associer les deux. Capturer l’instant et intégrer ces femmes à un univers surréel, apportant une part d’humanité à cet environnement digital. Ils avaient au départ une envie de collage et nous on a voulu transposer cette idée qu’on conçoit souvent à plat, dans un monde full 3D.

unicorn-buste-500x280

Est-ce vous qui avez démarché la marque ?

On a gardé contact avec beaucoup d’étudiants de notre promotion. Sarah Rousson, qui en fait partie, a montré notre travail chez Sonia Rykiel où elle travaille en ce moment. Ils ont vite accroché avec notre univers. On s’est rencontré et c’était parti. C’est la première fois que l’on se retrouvait à présenter notre travail devant toute la section communication d’une maison comme celle-ci. C’était assez impressionnant… Mais ça s’est bien passé !

 

Qui a été votre interlocuteur durant la création du projet et comment cela s’est-il déroulé?

Sarah et l’équipe de graphistes principalement. On a ensuite travaillé les derniers détails  avec le directeur de la publicité Paul Fontanier.  Ça a été une succession d’allers-retours, de changements de positionnement assez extrêmes jusqu’à la veille du lancement, où la nuit a été courte… Le projet a duré deux semaines, c’était vraiment intense ! Mais le frisson du jour de la sortie est toujours agréable, voir si les gens sont réceptifs à ce genre de vidéo, surtout pour une marque comme celle-là.

 

C’était votre première création pour une marque, non ? Qu’est-ce que cela vous a-t-il appris ?

On travaille en fait le plus souvent avec des agences. Le processus de création est forcément plus long car il y a plus de monde qui rentre en compte. D’ailleurs, nous avons rencontré notre premier client lors des journées book organisées par l’ECV. Il a adoré notre approche de la communication ce qui nous a permis de commencer tout de suite à travailler avec eux. La transition entre école et monde professionnel s’est faite naturellement. Et puis notre formation nous a permis de répondre à ses attentes sans trop de soucis.

Dans le cadre du projet Sonia Rykiel, c’était la première fois que l’on était en relation directe avec le client. C’était une toute autre expérience car le fait d’avoir un retour direct sur les volontés de la marque, ses désirs permet d’ajuster plus facilement la direction artistique tout en étant au plus proche d’eux.

On a appris à ne plus travailler pour un client mais avec lui.  Cette expérience nous a également aidé à mieux comprendre l’aspect commercial du métier, à nous vendre, à assumer nos idées et à vouloir les pousser jusqu’au bout. À l’époque de l’école, on attendait beaucoup du retour des enseignants, maintenant on apprend à se faire confiance.

Quels sont vos projets pour cette année ?

Ce qui est chouette dans notre métier, c’est qu’on est libre et multi-supports. Un jour, on réalise une vidéo pour Sonia Rykiel et le lendemain on se retrouve à faire du Vjing à la Machine du Moulin Rouge, tout en bossant sur un concept de vitrines interactives pour une boutique de sous-vêtements.

Quand un client vient vers nous, on fait toujours en sorte de lui proposer des idées vers lesquelles il ne s’est pas forcément aventuré. On fait en sorte de lui faire découvrir de nouveaux horizons auxquels ils sont plus ou moins réceptifs, ensuite on ajuste le curseur avec eux. L’important est de continuer à expérimenter, à s’amuser sans jamais se fixer de limites.

Là par exemple, nous venons tout juste de sortir la vidéo “Renaissance Full HD”, dont nous sommes très fiers. On a poussé encore plus loin les éléments utilisés dans la vidéo de Sonia Rykiel. Bâtir un véritable musée qui viendrait inscrire les gens d’aujourd’hui dans la postérité d’internet. Grâce à la digitalisation de personnes via scan kinect, leurs corps deviennent pixels, leurs avatars deviennent éternels. En passant par MSN, Wikipedia, le mouvement Anonymous ou encore les réseaux sociaux, Renaissance Full HD présente une rétrospective de notre ère actuelle.

Si vous deviez donner un conseil aux étudiants actuels, que diriez-vous ?

De rester ouvert à tout, aujourd’hui le graphisme regroupe tellement de choses! Avec cette formation, on est vraiment apte à tout faire. On a cette chance en tant qu’étudiant de pouvoir explorer tout les terrains. On vous conseille de suivre les cours de Dominique Moulon ! Ça nous parait essentiel aujourd’hui d’être ouvert sur les arts numériques, les technologies et surtout ne pas avoir peur de mettre les mains dedans. La créativité est partout, on peut aujourd’hui être plus surprenant graphiquement en détournant un logiciel de compta qu’avec Indesign ! Et puis le marché est de plus en plus demandeur de ce genre de concepts. Surprendre le public, que ce soit sur internet ou sous forme de happening. Les marques ont aujourd’hui besoin de ce genre de communication.

Découvrir le site Unicorn Paris : unicorn-paris.com

Voir leurs actualités  sur Facebook, Behance et Tumblr.