Japan Expo 2017 : un étudiant de l’ECV Animation reçoit un prix de la part des créateurs de Zelda (Nintendo) !

Max SIMONEAU et Satoru TAKIZAWA
Max SIMONEAU et Satoru TAKIZAWA

Max Simoneau, étudiant à l’ECV Bordeaux en Mastère 2 Animation – Jeu vidéo, revient sur de cet événement exceptionnel qui s’est déroulé à Paris du 6 au 9 juillet 2017 :

Bonjour Max, que faisais-tu à la Japan Expo ?
J’ai participé à un concours d’illustration organisé par Nintendo France. Quelques jours après avoir envoyé ma candidature, les organisateurs m’ont appelé pour m’annoncer que je faisais partie des heureux gagnants. Le prix a été remis pendant la Japan Expo par Aonuma, Takizawa et Nakano, « les trois papas » des jeux Zelda.

Peux-tu nous en dire plus sur le jury présent sur scène ?

Eiji Aonuma réalise et dirige les productions The Legend Of Zelda depuis Ocarina of Time en 1998, où il était co-directeur avec le grand Shigeru Miyamoto, créateur original de The Legend Of Zelda. Satoru Takizawa est l’un des plus grands designers de Nintendo, directeur artistique de nombreuses licences phares de Nintendo depuis 1995. Enfin, Yusuke Nakano est l’un des meilleurs illustrateurs chez Nintendo, depuis 1992. C’est une équipe de maîtres dans les jeux vidéos !

Que s’est-il passé lors de cet événement ?
L’équipe de développement de The Legend of Zelda : Breath of the wild organisait une Master-Class « The Art of the Legend of Zelda » sur scène. Ils ont expliqué leur process, donné des petites exclusivités sur le prochain DLC, et nous ont remis le prix sur scène. Nous avons eu la chance de les suivre en backstage pour échanger avec eux. Je me suis senti très petit à côté de ces mentors du jeu vidéo, et pourtant très accessibles. J’en ai profité pour remettre mon book à Eiji Aonuma en personne !

Yusuke NAKANO, Eiji AONUMA et Satoru TAKIZAWA

Comment as-tu vécu cette remise de prix ?
C’était très stressant ! Lorsque je suis arrivé dans la salle, c’était les répétitions : Eiji Aonuma s’entraînait sur scène et toute l’équipe de la régie était en pleine effervescence. Puis lorsque la Master Class a commencé,  j’étais en backstage avec les deux autres gagnants. Nous entendions les annonces de jeux vidéos diffusées sur grand écran. On ne se rend pas compte, mais en backstage, avec les enceintes et les basses de festival, on se serait cru en plein tremblement de terre ! Tout était réglé au millimètre, je devais arriver sur scène à tel moment, m’arrêter à tel endroit… En arrivant, 15 000 personnes était devant moi, c’était absolument impressionnant ! Malgré le stress, toute l’équipe de Nintendo France et de Japan Expo n’a cessé de nous féliciter, tout s’est passé à merveille !

Comment tes études à l’ECV Bordeaux t’ont permis de concevoir ce projet ?
L’ECV m’a permis de développer mes capacités d’illustrateur tout au long de mon Master. J’en ai toujours fait, et pourtant ce n’est pas le domaine que je préfère. Et pourtant, c’est très important de pouvoir réaliser de belles images pour la promotion de nos projets. C’est donc une étape incontournable d’une production de jeu vidéo. Avec Ludovic Jacqz et Yann Hamonic (enseignants en illustration à l’ECV), j’ai appris à exploiter totalement mon potentiel créatif, mais aussi à produire rapidement et de manière méthodique, deux atouts que je n’avais pas exploité avant d’arriver à l’ECV.

 

Quel a été ton procédé de création et de fabrication ?
Je réalise un schéma et je procède par couches de couleurs et de détails. Je finis par des effets dynamiques et un cadrage plus approprié. Je travaille sur du très grand, ~5 000 pixels par 5 000 : on peut zoomer jusqu’au visage de Link sans perdre en qualité, ce n’était pas forcément utile mais j’adore le détail. J’ai pensé cette illustration avec une composition en spirale aux couleurs proches du clair-obscur, tout en gardant le style du jeu vidéo : des aplats de couleurs et des ombres synthétisées, ainsi qu’une Rim light purement esthétique. Je me suis aidé de screenshots du jeu pour trouver ma situation et mon posing.

Des conseils pour ceux qui voudraient participer à ce genre de concours ?
Pour ce concours, j’ai produit cette illustration en une seule journée, c’est ma limite : au-delà de 10 heures sur la même illustration, le processus devient plus laborieux, se ralentit… C’est important de connaître ses limites au-delà desquelles on atteint un seuil de productivité minimum. On peut vite tomber dans un cercle vicieux où l’on passe des heures à effacer un trait pour en remettre un au même endroit. Nous avons également  observé que le jury avait sélectionné des œuvres en fonction de leur originalité et de leur contexte, de véritables coups de cœur, qui n’étaient pas toujours liés à la technique, ni à l’exécution de l’illustration. Chacun des trois développeurs avait sélectionné personnellement une oeuvre, et c’est Takizawa, le grand designer, qui a choisi la mienne.

Max Simoneau entouré des 3 jurys, Aonuma, Takizawa et Nakano