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Une immersion dans la création étudiante

Plonger dans l’exposition de nos Mastère 1 & 2 en Direction artistique en Digital.

Dans le cadre de leur module Photo/Vidéo, accompagné par leurs intervenants Pierre LAROSE et Khouloud Abdelhedi, les étudiants explorent le thème de l’Intime, donnant vie à des projets qui mêlent émotion, esthétique et univers personnel. Chaque création révèle une facette unique de leur regard, entre expérimentation visuelle et narration sensible, offrant au visiteur une expérience à la fois intime et inspirante.

Au fil de l’exposition, vous découvrirez comment chaque étudiant traduit ses émotions, ses réflexions et ses expériences personnelles en images et en vidéos. Du travail sur la lumière à la composition, en passant par le choix des formats et des angles, chaque projet est une exploration de l’authenticité et de la singularité. Cette exposition est une invitation à plonger dans des univers créatifs personnels, à ressentir, questionner et s’émerveiller devant la diversité des approches et des styles présentés.

L’Intime : démarche et inspirations

Derrière la création

 

L’intimité ne se réduit plus uniquement à la sphère d’un sujet isolé. Elle se déploie comme une interface entre le privé et le collectif, fragile appareil technique où se logent les flux inconscients et les signaux culturels. Du monde intérieur au monde extérieur, l’intime se réfléchit, se mesure et se réinterprète à travers les interactions—écran, miroir, écran miroir—et les dispositifs qui structurent notre perception. Le psychisme, comme un système complexe, s’ajuste aux mises en scène technologiques et sociales qui le soutiennent ou le fragilisent.

Aujourd’hui, l’intimité est à la fois plus vulnérable et plus valorisée : elle est surveillée, cataloguée, mais aussi réinventée comme une performance sensible. Le rapport aux autres et à soi s’est transformé sous le poids des réseaux, des algorithmes et des normes fluctuantes.

Le moi s’expérimente en continu dans une économie de connexion : données personnelles, archives comportementales, et gestes quotidiens qui deviennent matériaux d’un récit partagé. Paradoxalement, cette visibilité accrue peut nourrir un sentiment de dédoublement: l’individu agit sur scène tout en observant son propre reflet dans le regard d’autrui.

La question de l’intime, ou les questions de l’intime, se pose désormais sous des formes mouvantes et contrastées. Nous devenons tous des acteurs générant des intimitées plus enfouies ou, au contraire, plus éveillées aux yeux du monde.

Nous pouvons lire ces dynamiques comme une articulation entre le désir, la jouissance et les structures techniques qui médiatisent l’existence. Le sujet contemple son inconscient comme on déploie un logiciel : des lignes de code qui codent nos fantasmes et nos résistances, des protocoles qui régulent le temps et l’attention, des symptômes qui trouvent leur traduction dans les gestes quotidiens.

Ainsi, l’intime n’est pas seulement ce qui est montré ou caché, mais ce qui se transforme en énergie créatrice face à l’évolution sociétale. L’artiste et le psychanalyste, chacun à sa manière, décryptent ces trajectoires pour révéler
comment l’individu navigue entre désir profond et contraintes du monde technique.

L’intimité devient alors une œuvre en perpétuelle réécriture : une architecture vivante où chaque interaction réécrit le plan, chaque contexte resynchronise les signaux et chaque époque imprime sa tonalité sur la peau du sujet.

Cette architecture vivante du sujet, sans cesse resynchronisée par l’époque, déplace alors le lieu de l’invention : la création ne nait plus dans le silence d’un retrait, mais dans la gestion active des fréquences qui nous traversent.

En devenant une œuvre en perpétuelle réécriture, l’intimité quitte le domaine du sacré pour devenir une matière plastique, un flux de données que l’artiste doit désormais apprendre à sculpter. Dès lors, le geste artistique change de nature : il ne s’agit plus de traduire une essence intérieure, mais d’opérer une véritable ingénierie des signaux au sein de ce psychisme-interface.

L’acte de création ne consiste plus à extraire une vérité pure du tréfonds de l’âme, mais à manipuler ce matériau hybride qu’est devenu l’intime. L’artiste devient un ingénieur du sensible, celui qui isole une fréquence dans le brouillage des flux pour la transformer en signal.

Créer, c’est accepter de traiter son propre psychisme comme une interface : on n’écrit plus avec son sang, on code avec ses affects. Cette pratique interroge la nature même de l’originalité : si l’intime est une architecture de données et
d’influences collectives, l’œuvre est-elle l’expression d’un sujet ou la simple mise en lumière d’un système de résonances dont l’artiste n’est que le terminal ?

Inscription au Vernissage 26/02 !

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Infos pratiques

Située en plein cœur des quartiers où l’art et la culture sont les maîtres mots; entre la place de la Bastille et Nation.

📍 Lieu : ECV Paris– 1 rue du Dahomey, 75011 Paris
📆 Date & Heure : Le Jeudi 26 Février, de 17h à 20h
✉️ Email : kbeaubrun@ecv.fr
📞 Téléphone : +33 1 85 08 26 86

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